« C’est moi qui décide » de Jan Faull

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Quand on lit le titre de ce livre, on se demande : est-ce un livre sur les enfants-rois ? Un livre pour parents commandants en chef peut-être ? Un livre pour mamans-Super-Nanny ?

En fait, pas du tout.

Comme le sous-titre nous l’explique : c’est un livre qui cherche à décoder les différents rapports de force qui surviennent entre parents et enfants, et qui tente de nous aider à les prévenir et à les résoudre.

Si vous avez un enfant de plus de 18 mois, je suis sûre qu’au moins une fois vous vous êtes retrouvé piégé dans un rapport de force avec lui.

 » Mange ta carotte ! – Non ! »

 » Mets ton manteau ! – Je veux pas ! »

 » Fais tes devoirs ! – Pas envie ! »

Les rapports de force peuvent rêvetir de nombreuses formes, et porter sur de nombreux sujets, mais l’auteure suggère qu’ils ont tous la même origine : le besoin d’autonomie impérieux de l’enfant.

Jan Faull expose la théorie selon laquelle l’être humain serait poussé dès sa naissance par le besoin de prendre le contrôle sur sa vie. En d’autres mots : par son besoin d’indépendance.

Ce serait même le moteur de tout : son premier pas, sa démarche vers la propreté, son envie de choisir entre tel ou tel vêtement, son désir de quitter la maison familiale un jour…

L’auteure nous amène à imaginer ce qu’on ressentirait si nous étions infantilisés, si quelqu’un décidait à notre place de l’heure à laquelle nous devons nous lever, ce que nous devons manger, quelle quantité, quels vêtements nous devons porter, comment nous devons nous comporter etc. Ce serait un véritable enfer !

La tension monte parce que nous cherchons à contrôler le comportement de notre enfant alors que lui veut être son propre maître, afin de prouver qu’il est une personne à part entière et non notre prolongement.

Forts de cette meilleure compréhension de notre enfant et de son besoin essentiel de s’autonomiser, nous pouvons commencer par nous demander quelles libertés nous pouvons lui accorder tout en respectant ses capacités. Est-il assez grand pour choisir entre deux livres pour l’histoire du soir ? Peut-on le laisser choisir entre la jupe bleue et le short rouge ?Proposer plus de choix permettrait d’échapper à beaucoup de conflits d’intérêt.

Lorsque, malheureusement, nous venons à être englué dans un rapport de force qui semble inextricable (par exemple, l’heure du coucher), nous n’avons que trois choix possibles qui s’offrent à nous : le lâcher prise, la négociation, et la fermeté. L’auteure nous détaille avec soin les différents choix et nous aide à prendre une décision, nous rappelant qu’il est essentiel de rester constant une fois la décision prise.

Dans la dernière partie de l’ouvrage, elle nous avertit qu’il y a certains rapports de force dont nous ne sortirons jamais vainqueurs si jamais nous nous y aventurons. Ce sont ceux dans lesquels l’enfant sera toujours décisionnaire : son appétit, son tempérament, son caractère etc. Il vaut donc mieux pour nous de lâcher prise totalement sur ces quelques points plutôt que d’entrer dans une guerre dont nous ne sortirons jamais vainqueur, et notre enfant non plus. Parce que chaque conflit mené avec (contre ?) l’enfant détruit un peu la relation d’amour que l’on a construit avec lui.

Il est donc essentiel de la réparer en lui assurant notre amour indéfectible ainsi qu’en passant du temps positif avec lui après chaque dispute. Ca semble tellement simple, tellement évident, et pourtant nous avons tous tendance à l’oublier.

J’ai aimé : la nouvelle perspective donnée des rapports de force par l’auteure. C’est un livre très complet. Il explore toutes les pistes et nous guide en illustrant ses propos par des exemples pertinents.

Je n’ai pas aimé : certains passages un peu longuets et redondants.

Ce livre m’a apporté : de poser une vision tout à fait différente sur les batailles qui peuvent se déclencher au sein de ma famille de temps à autre. J’ai la sensation de mieux comprendre mes enfants et de pouvoir faire face aux conflits d’intérêt beaucoup mieux armée.

Je le conseillerais : à toutes personnes ayant du mal à régler une dispute revenant constamment ; à des personnes ayant déjà mis un pied dans la parentalité positive et souhaitant aller plus loin dans la compréhension de leur enfant.

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3 réflexions sur “« C’est moi qui décide » de Jan Faull

  1. Et bien moi j’aime ton billet !
    J’ai lu ce livre et je l’ai trouvé assez redondant et moyennement intéressant à la première lecture. Ensuite, avec le temps, j’y ai repensé et finalement je pense qu’il m’a apporté même s’il pourrait être résumé en beaucoup moins de pages.
    Ton billet me donne envie de le feuilleter à nouveau, voir si j’y vois « mieux » à la seconde lecture 😉

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    • Merci pour ton commentaire, il est très instructif. Tu résumes mieux que moi ce que je n’ai pas aimé dans ce livre. Effectivement on a trop souvent l’impression que le sujet est étiré pour prendre plus de pages… Alors qu’il aurait gagné en rythme et en profondeur à être plus court ! Ça c’est pour la forme. Pour le fond, je pense que ce n’est pas un livre facile à lire à la Filliozat par exemple. Du fait de son thème unique déjà. Et puis aussi à cause du fait qu’il nous amène à repenser différemment nos enfants et nous ne sommes pas toujours prêts à le faire. Ou nous n’en avons pas envie. C’est pour ça que je pense qu’il s’adresse surtout à des parents déjà dans le dynamisme de la parentalité positive et qui ont envie d’entendre ce message. Bref, il faut qu’on soit touché par ce sujet-là. Moi en tous cas je n’avais jamais pensé à mes enfants comme des êtres humains emprisonnés dans le carcan des règles, de la bienséance, des décisions des parents etc. Et je suffoque rien que de me mettre à leur place. Ça m’a amené à me souvenir comme je détestais être un enfant car j’étais libre de rien ! Je n’avais aucun pouvoir, aucune responsabilité. Je n’étais rien. Et pour avoir modifié ma manière de voir mes enfants et donc de mettre des mots même mentaux sur leurs ressentis je suis contente de l’avoir lu. J’ai l’impression que grâce à ce livre j’ai évolué et grandi en tant que maman-accompagnatrice et pour ça je suis contente de l’avoir lu.

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      • J’ai repris ce livre ces derniers jours grâce à ton message et je suis complètement d’accord sur ce que tu dis du fait qu’il aide à se rendre compte que les enfants ne sont pas libres de grand chose si on regarde avec un peu de recul leur situation. C’est très intéressant. Autre point positif : voir les conflits de pouvoir non pas comme quelque chose « contre » le parent mais comme une manifestation du besoin d’autonomie et surtout du besoin de grandir, besoin de responsabilité de l’enfant. Vraiment utile comme approche.
        Par contre, j’ai relu plusieurs paragraphes qui m’ont dérangé : par exemple, des passages où les exemples donnés parlent de punition (sans le dire, c’est moi qui mets ce mot là sur l’attitude proposée).
        Bref, ce livre n’est pas un must pour moi car il a trop de défaut, sur le fond et sur la forme. Mais il est intéressant pour certaines parties et/ou pour des parents qui ont déjà lus pas mal donc sauront faire le tri de ce qui est dit.

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