« Il n’y a pas de parents parfaits » d’Isabelle Filliozat

Isabelle Filliozat a écrit beaucoup de livres sur l’éducation et sur les enfants en général.

Mais cette fois, ce sont les parents qu’elle a mis au centre de cet ouvrage.

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Les parents qui font de leur mieux, mais ont l’impression de ne pas en faire assez. Les parents qui voudraient faire de leur mieux, mais en sont empêchés par une part d’eux-mêmes. Les parents qui ont choisi d’élever leur enfant hors du schéma traditionnel punitions-fessées-menaces mais n’y parviennent pas malgré toute leur bonne volonté.

Pourquoi est-ce si dur d’élever un enfant ? Notre enfant ?

Pourquoi ne suffit-il pas d’appliquer à la lettre les conseils des livres d’éducation comme on applique une recette de cuisine ? Et surtout, pourquoi n’arrivons-nous pas à appliquer mot à mot ces mêmes conseils, alors même que nous y adhérons totalement ?

Isabelle Filliozat explore de nombreuses pistes en nous peignant de nombreux portraits de parents dans lesquels la plupart d’entre nous se reconnaîtront. Sommes-nous un parent stressé ? Un parent idéaliste ? Un parent perfectionniste ?

Personnellement, j’ai lu ce livre pour la première fois en 2009. J’étais maman d’une MissTinguette de 5 ans, d’une MissBelette de 3 ans et d’un SirPouetPouet de 1 an seulement qui m’épuisait en se réveillant encore de nombreuses fois la nuit. J’étais irritable, et malheureuse de l’être. J’avais le désir d’être une bonne accompagnatrice pour mes enfants, une bonne maman bienveillante et positive. Et je criais sans cesse. Tout me semblait insurmontable. Et je me suis reconnue dans une anecdote illustrant le burn out maternel. L’auteure raconte l’histoire d’une maman qui était en train de vider sa machine à laver quand elle entend un gros boum suivi d’un hurlement. Et cette maman, pourtant très aimante, ne réagit pas et continue de vider machinalement sa machine à laver. Mais c’était moi ça ! Moi aussi j’aimais mes enfants à la folie, pourtant je me sentais comme déconnectée de leurs soucis, je ne vivais plus avec eux, je survivais parmi eux. (Je vous parlerais plus longuement du burn out maternel en vous donnant mon résumé du livre La fatigue émotionnelle et physique des mères qui est d’ailleurs conseillé plusieurs fois dans ce livre-ci)

Une piste qui m’a aussi beaucoup parlé c’est celle de l’enfance. Pour Isabelle Filliozat, à chaque fois qu’une bouffée de rage ou un grand sentiment d’injustice ( après tout ce que j’ai fait pour lui ! ) monte en nous, c’est le petit enfant que nous avons été qui réagit. Cet enfant qui a dû grandir sous les menaces, sous les coups, sous les punitions, sous les humiliations peut-être. Cet enfant qui a manqué d’amour, ou cet enfant qui n’a pas manqué d’amour mais manqué de bienveillance ou de confiance en lui.

Et puis il y a cette hypothèse que, lorsque nous nous retrouvons démunis en face de nos petits chéris, c’est le cerveau primal qui intervient. Et que fait-il ? Il reproduit spontanément ce qu’il a subi et intégré pendant l’enfance. Moi, j’ai été élevée à la dure comme on dit. Il n’est donc pas improbable de penser que la violence que je ressens parfois vient de là. Comme un réflexe sous-jacent qu’il me faut combattre chaque jour. On peut aussi se dire que les personnes ayant été élevées de manière bienveillante, sans fessées ni humiliations, sans paroles blessantes, auront beaucoup plus de facilités à reproduire cette éducation chez leurs enfants à leur tour.

Dans la dernière partie du livre l’auteure nous offre un carnet d’exercices. Des questions à répondre pour apprendre à mieux se connaître. De petites choses à faire.

Pour ma part, j’ai amorcé un carnet de bord dans lequel je note parfois mes réflexions, mes réactions, le pourquoi du comment, et dans lequel je prends des notes des bouquins que je lis.

Je dois vous avouer que je porte aussi un bracelet en plastique, sur l’inspiration du blog « J’arrête de râler » . Mais pour l’instant, arrêter de râler n’est pas ma priorité : je consacre mon énergie à arrêter de m’emporter contre mes enfants. Quand je le fais, je change mon bracelet de bras. Ce que j’ai dû faire deux fois aujourd’hui. Dommage, ça faisait au moins 4 jours qu’il était resté en place ! L’objectif est, comme dans le blog, de tenir 21 jours pour que l’esprit prenne sa nouvelle habitude. Allez, je vais y arriver !

J’ai aimé : le cahier d’exercices à la fin, qui m’a vraiment donné l’impression de pouvoir agir et arrêter de subir, de pouvoir changer. J’ai aussi apprécié de me reconnaître dans plusieurs pistes, et de pouvoir un peu comprendre pourquoi je réagis parfois à l’inverse de ce que j’aimerais vraiment faire.

Je n’ai pas aimé : qu’il n’y ait aucune formule magique pour me transformer en Super-Maman. Plus sérieusement, certains passages ne m’ont pas touchée.

Ce livre m’a apporté : de l’empathie, de me sentir moins seule. Car se sentir débordée, ou ressentir de la violence contre son enfant, c’est quelque chose de très tabou dans notre société. On n’en parle jamais, pas même à ses plus proches amis. Au pire, on entend des « Mon fils est terrible ! » mais jamais des « Je me sens une mauvaise mère ». Et c’est bien dommage.

Je le conseillerais : aux parents qui se sentent de mauvais parents, qui pensent qu’ils pourraient mieux faire, qui culpabilisent parfois, qui ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas les parents qu’ils ont envie d’être.

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