Le paradoxe du parent en vacances

Cela fait presque 10 ans que je suis maman.

J’adore mes enfants, mais parfois je ne rêve que d’une chose : les entasser dans une navette spatiale direction la lune pour me retrouver enfin seule ! Pas vous ?

Ah, seule… Pouvoir me promener nue, pouvoir manger un bout de pizza au petit déjeuner sans avoir besoin de me cacher et le Nutella à la petite cuillère même si c’est pas bien, pouvoir entendre le chant des oiseaux ou juste les conversations des voisins…

Seule, quel doux rêve !

Et puis un jour, de manière inespérée, voilà qu’il se réalise enfin. Merci maman.

Me prend d’abord l’envie de danser une gigue, juste parce que le nom me plaît, de hurler ma liberté au monde entier. Du coup, je poste un statut Facebook.

Et ensuite… ensuite… mes fantasmes tombent à l’eau, les uns après les autres…

Je pensais me lever tard ? Mais, après tant d’années de parentage, mon horloge biologique est irrémédiablement programmée à 8h30 au plus tard.

Je me dis que ce n’est pas grave, au moins je pourrais mieux profiter de cette journée de VRAIES vacances. Qui sait quand ça se renouvellera ?

Du temps, voilà ce qu’on m’a offert sur un plateau. Et gratuitement ! D’habitude, gagner 2h de calme ressemble à une épreuve de Pékin express : déposer les enfants à l’heure à l’école. Mais attention, il faut scrupuleusement respecter chaque étape : habiller les enfants, faire des machin-chose dans les cheveux des filles (et leur mettre pleins de pschitt-pschitt anti-bébêtes), ravaler ma tronche de Picasso de trentenaire à l’aide d’anti-cernes et de blush Sephora, faire manger la horde de monstres SANS en perdre mon haut Morgan, leur faire enfiler deux chaussures IDENTIQUES, et go go go ! Attention aux pièges : envie de caca de dernière minute du petit ou oubli des affaires de piscine de la grande ! Ils sont multiples et rédhibitoires.

Du temps.

J’allume la télévision en pleine journée, pour la première fois depuis des années. Et puis je me ravise, je ne me sens pas encore assez vieille pour regarder Amour, gloire et beauté en fait.

Je me poste devant l’ordi et je me dis que ce serait dommage de perdre ainsi ma journée.

Je procrastine ainsi quelques heures, dans une culpabilité joussive.

Allez, aujourd’hui c’est le moment ou jamais de penser à moi. Je le lis dans au moins un de mes Biba sur deux, et je me dis à chaque fois que cela doit être bien agréable. Mais… comment pense-t-on à soi ? Il semblerait que j’ai oublié, depuis le temps.

Un bain moussant, sans personne qui s’invite dans ma baignoire, voilà ce dont je rêve. Puis aller faire les magasins, sans devoir sans cesse recompter (non pas mes sous, mais mes enfants). Mais alors pourquoi Est-ce que je rentre du centre commercial avec le petit avion Planes, l’adorable PetShop violet et le plaid Clochette que je n’aurais même pas regardé si j’y étais allée accompagnée de mes affreux ? Hein, pourquoi ?

Bon au moins, je profite du calme, c’est un fait. Ce calme, si rare, si précieux, qui me faisait tant envie. Pouvoir écouter mes pensées pour une fois. Mais… entre nous… on se fait chier non ? Il a un côté oppressant ce calme vous ne trouvez pas ?

Finalement, je me mets à faire le ménage à fond. Oui, le ménage. Moi. C’est le monde à l’envers ! Mais il y a quelque chose de jouissif à accomplir une tâche d’une seule traite, sans être interrompue. Et pouvoir s’asseoir dans son canapé, admirer le travail effectué et se dire… se dire… mais quand Est-ce qu’ils rentrent déjà ?

Publicités

Une réflexion sur “Le paradoxe du parent en vacances

  1. J’adore! La première et dernière fois que j’ai été seule une journée, j’ai tourné en rond et fini par faire le ménage aussi !!!!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s