Divergent mum

Non, je ne lis pas que des livres sur l’éducation. Le dernier livre que j’ai lu n’avait même rien à voir. Il s’agissait du best-seller pour ados : Divergent.

couv-divergent

Dans un futur proche, après une nouvelle guerre qui a fait beaucoup de dégâts, les survivants se sont repliés à l’intérieur de la ville de Chicago.

Pour étouffer le penchant naturel des hommes pour la violence et la guerre, il a été décidé de classer les gens par castes : les Erudits, les Fraternels, les Altruistes, les Sincères et les Audacieux. Chaque caste a son caractère, sa fonction dans la ville, sa manière d’agir et même son code vestimentaire.

Et puis il y a les Divergents, ceux qui ne se retrouvent dans aucune caste (ou au contraire dans plusieurs). Les Divergents ne sont pas conformes, les Divergents déplaisent, les Divergents doivent être traqués et éliminés. 

Cinq destins. Un seul choix.

———–

Je vous parle de ça aujourd’hui parce que le synopsis m’a interpellée sur ma vie de maman.

 

Imaginez un peu : dans notre société, les mamans se divisent en cinq catégories qui se jaugent, s’interpellent, se confrontent ou se rejoignent : les working mum, les baba-o-mum, les tradis, les mères indignes et les maman-copines.

 

Les working mum

portent un sac Diesel sur un bras, un sac Aubert sur l’autre ; un cosy dans une main, un smartphone dans l’autre.

Elle dépose bébé au bureau, leur tailleur à la crèche et leur dossier au pressing. A moins que ce ne soit le contraire…

Elle pense à leur bébé au boulot (et montre des photos de lui à toutes ses copines) et pense à leur boulot à la maison (et montre ses derniers projets à chéri-chéri).

Elles proclament leur indépendance financière et intellectuelle et ne comprennent pas une seconde les femmes qui s’épanouissent à faire des gouzi gouzi toute la journée.

Leur chef de file s’appelle Elizabeth Badinter.

Les baba-o-mum

accouchent chez elles, allaitent longtemps, co-dodotent plus longtemps encore…

Elles assortissent leur écharpe de portage à leur tenue du jour.

Elles aiment les sigles alambiqués : IEF, HNI, DME, ENV, AAD…

Elles accompagnent leurs enfants dans leur développement, ne les éduquent pas.

Leur credo : la femme est un mammifère comme les autres.

Les tradis

perpétuent comme leur nom l’indique les traditions éducatives : obéissance, punitions, supériorité patriarcale et matriarcale.

Elles se considèrent comme un chef chez elles, une reine.

Elles déclarent qu’elles sont fières de qui elles sont, et qu’elles le sont devenues grâce à l’éducation qu’elles ont reçues. Les plus téméraires ajoutent même « la fessée ne m’a pas tuée ».

Russo est leur dieu, Les maternelles et Super Nanny leurs émissions favorites.

Les mères indignes

s’autoproclament ainsi elles-mêmes.

Elles assument totalement leur envie de continuer à vivre leur vie de femme sans enfant… avec des enfants.

Le papy, la mamie, la nounou, la tantine, n’importe qui (enfin pas vraiment quand même) est aussi bon à leurs yeux pour s’occuper de leurs bambins qu’elles-mêmes. Et c’est sans une petite larmichette qu’elles s’en vont voyager, faire la fête etc.

Elles sont souvent montrées du doigt et jalousées par les autres castes. Et elles l’assument aussi.

Les maman-copines :

se sentent incapables de faire preuve d’autorité à l’égard de leur enfant et de leur opposer des limites, de peur de perdre leur affection.

Elles se préfèrent leur meilleure amie.

Elles aiment s’exposer sur NRJ12, émission Tellement vrai.

 

Dès le début de la grossesse les futures mamans sont soumises à des tests par les déjà-mamans afin de connaître leurs prédispositions. Cela se passe sous forme de questions en apparence innocentes :« Est-ce que tu vas allaiter ? », « tu comptes prendre un congé parental ? » et de conseils plus ou moins discrets : « N’achète pas de trotteur, ce n’est pas bon pour son développement » , « je te donne mon chauffe biberon tu verras c’est super pratique ! », « tu devrais te mettre aux couches lavables c’est meilleur pour sa santé ! »

 

Dans la majorité des cas, les jeunes mamans choisissent la caste dans laquelle elles ont été élevées.

Une certaine minorité fait un choix différent, voire opposé. Lorsque c’est le cas, elle s’expose à devoir supporter durant les 20 prochaines années les regards noirs de sa mère et les commentaires acides qui vont avec : « Tu te laisses trop faire ! » « Mais laisse-le vivre un peu ! »

Il est assez difficile de se garder de vraies amies dans une catégorie opposée à la sienne. Les tradis ont beaucoup de mal à supporter les marmots des maman-copines. Les working mum ne comprennent pas du tout le maternage proximal des baba-o-mum, elles leur reprochent même un retour en arrière pour la cause des femmes. Hooba hooba.

 

Moi c’est tout naturellement que je me suis tout d’abord orientée vers les tradis. Le respect des règles, l’autorité parentale absolue, le « tu fais ça parce que je le dis et pissétout », toussa toussa, c’est tout ce que j’avais connu jusque là. Ca me parlait, ça me rassurait.

Mais quand-même… Je me sentais irrésistiblement attirée par le mode de vie des Baba-o-mum. C’était si doux, une tétée prolongée par un gros dodo dans le lit. C’était si bon de croire que mon enfant pourrait grandir et bien grandir sans fessées, ans chantage, sans punitions.

Je me suis sentie de plus en plus Baba-o-mum, désolée maman désolée tata, il me faudra voler de mes propres ailes et apprendre à devenir maman sans votre aide.

J’ai donné le trotteur, jeté les biberons, nous serons libres bébé et moi, comme des primates.

 

Et puis j’ai discuté avec des Baba-o-mum. Des véritables, des pures souches. Des qui allaitent un bébé et un bambin en même temps, des qui utilisent des couches lavables, des qui font l’école à la maison ! Des qui ont lu tout Gordon et tout Faber et Mazlish.

Et je me suis trouvée pas assez bienveillante pour mériter le sigle ENV. Oui, je suis exigeante avec mes enfants. Je dis qu’ils doivent manger de tout pour éveiller leur curiosité gustative. C’est important pour moi. Je dis qu’ils doivent faire ce que je dis. Je sais, j’ai honte.

L’une d’elles m’est même tombée dessus un jour car, bien que je me dise pro-cododo, je n’accepte pas de dormir avec mon enfant jusqu’à ce que lui décide de s’éloigner (à 5 ans avec de la chance…)

 

Je suis trop pour les tradis, pas assez pour les Baba-o-mum.

 

Oh mon dieu ! Je suis une Divergent Mum !

 

Je ne vais peut-être pas être bannie de la société, destinée à vivre dans un bidon-ville avec ma tribu (ouf ça m’arrange !) mais je ne peux avoir de discussions avec personne. Alors j’évite de trop parler éducation pour ne pas me mettre tout le monde à dos.

Je suis moi, et ça me va bien après tout.

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2 réflexions sur “Divergent mum

  1. Une fois de plus je suis d’accord avec toi, je suis peut être même encore un peu plus tradis que baba mais mon coeur balance entre ces 2 là c’est sûr ^^ ok donc nous voilà toutes les 2 des Divergents…. Bon et bien soyons vigilantes semblerait que l’on soit des « têtes à abattre » ^^ bises bonne journée

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    • « Têtes à abattre » c’est un peu fort, personne qui sort de tous les carcans et qu’on ne sait pas où placer, c’est un peu plus ça 😉
      Bah, on est nous, on fait de notre mieux, paraît que c’est déjà bien 😉

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